Carnet de route

Pic de L'Escalette et Pic de Cagire

Le 16/11/2025 par Fred

Compte-rendu de la randonnée au Pic de Cagire, version épopée démesurée :

Après plusieurs jours à scruter frénétiquement les caprices d’un ciel manifestement joueur — et une réunion de crise entre nos encadrants/co-présidents, dignes d’un sommet diplomatique G7 spécial météo — la sortie dominicale au Pic de Cagire fut enfin validée samedi à midi pétantes. Soulagement collectif. Les Pyrénées pouvaient trembler : nous arrivions. Nous étions six valeureux inscrits pour cette petite randonnée, autrement dit une aventure titanesque de moins de 10 kilomètres et “seulement” 900 mètres de dénivelé positif. L’escouade : Rachel l’infatigable, Nathalie la distributeuse officielle de chocolat, Marine la fournisseuse de Tuc, Benjamin le stoïque, Jean-Philippe le pilote de précision, et moi, humble narrateur et héros bien sûr incompris. Avec nos deux encadrants du jour, Marie et Gilbert, l’équilibre hommes-femmes était parfait. L’équilibre mental, lui, restait à vérifier. Départ à 6 h du parking d’Aldi, lieu stratégique connu pour abriter les plus grandes expéditions du club. Tout le monde est à l’heure, un exploit en soi. Direction le col du Menté, 135 kilomètres avalés en moins de deux heures grâce au pilotage chirurgical de JP et Nath. À 8 h 20, nous attaquons les premières pentes, 6 °C au thermomètre, un ciel dégagé : autrement dit la météo idéale pour transpirer avec dignité. La mise en jambes est immédiate. La pente se dresse comme un mur jusqu’à la cabane de l’Escalette. Là, nous faisons pause contemplative obligatoire. Devant nous, la chaîne des Pyrénées déroule son tapis de sommets : du Valier au Pic du Midi, avec en guest-star la Maladeta. Pas mal pour un simple balcon à 1 600 m. Nous reprenons notre ascension vers le col de l’Escalette, quand soudain, apparition d’une troupe de cervidés : un cerf et trois biches. Public conquis. On a senti qu’ils appréciaient notre technique de montée, ou du moins notre élégance respiratoire (celle du phoque asthmatique). La suite se corse : le fameux pas de l’âne. Une crête glissante, des mains à poser, des fesses à poser aussi (parfois malgré nous). On avance avec la grâce d’un manchot sur une plaque de verglas. Heureusement, Marie et Gilbert distillent conseils et sérénité. Résultat : zéro chute notable, seulement quelques dérapages artistiques.

Arrivés au col du Pas de l’Âne, reste “juste” la dernière ascension : 300 mètres jusqu’au Pic de Cagire, via le Pique Poque et le col de Crête Cagire. Midi approche quand nous atteignons glorieusement le sommet. Pose déjeuner à l’abri d’un vent frisquet mais poli. Rituel immuable : les Tuc de Marine (récompense universelle), puis pique-niques dévorés avec un enthousiasme à peine digne. Enfin, le traditionnel chocolat de Nath, auquel Rachel ajoute le sien. Double dose. Mon bonheur fut total. La température baissant et les nuages jouant à cache-cache avec le soleil, nous redémarrons vers le col de Crête Cagire, puis entamons la descente vers les cabanes de Larreix. La fin se fait sur piste forestière, parfaite pour réviser les fondamentaux : marcher, digérer, râler doucement.

À 14 h 30, retour triomphal au parking. Changement éclair, puis ultime moment sacré : le verre de l’amitié. Collation offerte par Marine et Benjamin, transport assuré par Nath et JP, ambiance orchestrée par tout le monde. Bilan : une journée parfaite, une équipe au top, et un Pic de Cagire désormais habitué à nos frasques.

Fin du rapport héroïco-humoristique.







CLUB ALPIN FRANCAIS DE GRENADE LES PIEDS HAUTS LAIDS
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