Carnet de route

Initiation Piolets / Crampons Port de Bataillance

Le 01/03/2026 par Fred

Les rescapés de la couette et les givrés du tunnel

Après s'être farcis la théorie sur les avalanches pendant deux après-midi à l'automne (histoire de nous faire peur avant même que le premier flocon tombe), Marie et Gilbert ont décrété qu’il était temps d’aller voir si on savait faire la différence entre une plaque à vent et une meringue. En ce dernier week-end de février, direction les sommets !

Parce que bon, dans nos Pyrénées, si tu veux de l'or blanc en hiver sans sortir le VTT, faut grimper. C’est donc à plus de 1800 mètres, vers le tunnel de Bielsa, qu’on a décidé d’aller se geler les moustaches.

5h45 : Le triage naturel

Départ de Grenade. On devait être sept, on a fini à six. Sébastien a été victime d'une avalanche de sommeil : panne de réveil. Faut dire qu’à cette heure-là, même les isards dorment encore sur leurs deux oreilles. Pour les motivés, c’était café-piolet direct !

8h40 : L’accueil sibérien

Arrivée au parking. Le thermomètre de la voiture nous insulte copieusement et le "petit zéphyr" annoncé par la météo s’est transformé en un vent à décorner les bœufs de la vallée (50 km/h de rafales, de quoi te transformer un randonneur en cerf-volant).

On ne fait pas trois heures de route pour regarder le paysage derrière le pare-brise ! On avale un bout de gras, on enfile les pelures, et paf : crampons aux pieds, piolet en main. On commence par le rituel vaudou : le "check DVA". On s'assure que tout le monde émet et que le mode recherche fonctionne également, parce que si on se perd, on n'a pas envie de finir en surgelé Picard.

Travaux pratiques et sueur froide

La neige est dure comme de la brique. Marie, Victor et Gilbert (qui surveille son épaule toute neuve pour ne pas finir à nouveau chez le carrossier) nous emmènent sur une pente raide. C'est parti pour le grand show :

 * Glissades contrôlées : ou comment freiner avec son piolet avant de finir en bas comme une luge sans pilote.

 * Baudriers de fortune : on s'est saucissonnés avec des sangles pour faire des cordées de fortune. On avait l’air de rôtis de porc prêts pour le four, mais au moins, on était solidaires.

Le sommet et le grand frisson

Le vent nous souffle dans les bronches, alors on troque les pointes pour les raquettes quand la neige devient plus molle. Vers 13h, on touche enfin le col de Bielsa. Magnifique ? Oui. Glacial ? On n'a même pas eu le temps de compter les sommets qu'on faisait déjà demi-tour pour trouver un coin à l'abri afin de casser la croûte sans que le jambon ne s'envole.

Scène de crime en montagne

Une fois la panse pleine, passage au sérieux : la recherche de victime. Nos encadrants méritaient un Oscar :

 * Marie jouait le témoin en pleine crise d’hystérie (très convaincante).

 * Gilbert faisait le débutant qui ne comprend rien à rien (un rôle de composition, bien sûr).

 * Victor jouait le chef d'orchestre du chaos.

Jean-Philippe, Paul et moi, on sort les DVA. Chrono lancé. Paul nous déniche le signal, sonde le terrain, et là : "Touché !". En cinq minutes, on avait déterré le sac de Victor. La victime est sauve, on peut redescendre sans avoir personne sur la conscience.

Le bouquet final

Pour finir en beauté, Victor nous sort le coup du "rappel sur piolet éjectable". Un trou dans la neige, un piolet planté, une corde, et on descend dans le ravin en priant pour que la physique soit de notre côté. Bilan : ça tient ! On se rend compte qu'avec trois bouts de ficelle et un peu de jugeote, on peut se sortir d'un sacré pétrin.

Retour aux voitures, les jambes un peu lourdes mais la banane aux lèvres. On a fini la journée par le traditionnel pot de l'amitié offert par Paul. Rien de tel qu'une petite mousse pour dégeler les esprits !







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