Carnet de route

Pic de Maubermé

Le 18/10/2025 par Fred

Attachez vos godillots, ça va sentir la résine et le caillou !

Le Rapport d'Ascension (Version Alpage, compte-rendu par Fred reformulé via IA Gémini)

Le Grand Départ : Les Trois Mousquetaires de la Montagne

On a décollé de Grenade à l'heure où les vaches ruminent à l'ombre, soit 9h30, pour cette virée qui allait nous tenir en haleine deux jours pleins. Figurez-vous qu'on n'était qu'une petite cordée de trois : Marie et Stéphane, les guides qui savent où mettre les pieds, et votre serviteur, prêt à braver les cimes. Notre objectif ? Aller planter notre drapeau sur l'un des sommets les plus costauds de nos belles Pyrénées, le Pic de Maubermé – ou, comme disent les gars d'en face, le Tuc de Maubermé – qui culmine à une sacrée hauteur de 2880 mètres !

L'Approche : Le Chemin qui Mène aux Étoiles

Il nous a fallu trotter un peu plus de deux heures et quart pour atteindre le bout du chemin carrossable, le Bocard d'Eylie, là où la rando prend ses aises. Le temps de casser la croûte – juste un petit morceau pour caler l'estomac – et de sangler nos sacs à dos qui pesaient leur poids d'âne ! Fallait bien embarquer tout le barda pour dormir à la belle étoile : la piaule en toile, le chaud duvet, le matelas pour ne pas prendre froid au cul, le réchaud, bref, le nécessaire du parfait montagnard. C'est donc à 12h40 que nous avons attaqué les pentes, avec l'ambition d'avaler les 1600 mètres de dénivelé positif qui devaient nous mener au Port d'Urets, perché à 2512 mètres. Ça, c'est ce qu'on appelle grimper !

Le Bivouac : L'Auberge Complète et le Refuge du Pêcheur

Après trois heures et trente-cinq minutes à tirer sur la corde – on a un peu musardé, il faut dire que Stéphane ouvrait la trace comme un cabri – nous voilà enfin au col, le souffle court mais les yeux brillants. La jolie petite cabane d'Urets était, comme on s'y attendait, déjà pleine comme un œuf (quatre ou cinq places, pas plus !). C'est pas grave, on est là pour la nature ! On a donc poursuivi la sente, celle qui file vers le grand Maubermé, pour dégoter un coin où dresser notre camp. Et c'est là que le miracle s'est produit : on a aperçu quelques petits lacs de montagne, repérés par nos guides sur la vieille carte. L'endroit était un véritable petit paradis, tout juste parfait pour y poser nos tentes et passer une nuit de berger !

Le Campement et la Nuit du Refuge

On a planté le campement dare-dare, de manière efficace et sans traîner, comme des bergers pressés par le temps. Ça nous a laissé un petit laps de temps pour piquer un petit roupillon histoire de se retaper les mollets, puis explorer un peu ce coin de paradis juste sous nos semelles. Mais à cette saison, le soleil ne s'attarde pas au-dessus des crêtes. Dès que l'ombre s'est allongée, on a sonné le rassemblement pour le souper, calé à 19 heures. Au menu ? De la bonne tambouille de randonneur : de l'Aligot et des Tartiflettes... lyophilisés (faut pas pousser mémé dans les orties, on n'est pas en refuge non plus !). Estomacs pleins et joues rougies par le froid qui commençait à mordre, on a vite filé se blottir dans nos duvets. L'heure de l'assaut était fixée au lendemain matin, 5 heures 45. L'idée était simple : commencer à la lueur des frontales et se retrouver au sommet juste au lever du soleil pour cueillir les meilleures conditions. Le bulletin météo annonçait en effet que le temps risquait de se gâter en milieu de matinée, avec l'arrivée des nuages et d'un petit vent du sud qui sent la tempête.

Le Coup du Sort et l'Ascension Finale

Le réveil a sonné, le jour n'était encore qu'une promesse lointaine. Mauvaise surprise : Stéphane nous a annoncé qu'il avait passé une nuit de misère. Une sacrée migraine lui avait volé son sommeil, et il était hors de question d'envisager les 380 mètres d'ascension prévus pour atteindre le pic. Le sommet, notre objectif du week-end, allait devoir se passer d'un de nos guides. Malgré le coup au moral, on a pris la décision d'y aller quand même, Marie et moi, pour faire cet aller-retour vers la cime. Du coup, on a décalé le départ. C'est finalement à 7 heures 20 qu'on a quitté le bivouac, nos lampes frontales découpant le noir. L'ascension, sur la fin, c'est une sacrée rampe ! Pas de bidules techniques compliqués, mais il fallait garder l'œil vif et le pied marin, comme toujours quand on s'aventure en haute montagne. Au bout d'une heure de grimpe et d'efforts, on était au sommet ! On a savouré une vingtaine de minutes, le temps d'ouvrir les yeux sur un panorama à couper le souffle, baigné dans les couleurs chaudes du soleil qui venait d'éclore. Puis, vite fait, bien fait, on a dévalé la pente pour retrouver Stéphane au camp, qui nous attendait avec le thé chaud !

Le Rassemblement et la Descente dans les Vallées Vertes

Le temps de plier tout notre barda – Stéphane, remis de sa migraine, avait eu le temps de ranger son sac en notre absence – et nous voilà à nouveau sur le sentier, à 10 heures 10 minutes, prêts pour la longue descente. C'est une vallée d'une beauté incroyable que nous avons traversée, laissant derrière nous le majestueux Pic du Maubermé. L'air y est si pur, les étendues si vastes, que le paysage nous a rappelé les lointaines Highlands. On longeait des lacs si sombres et si profonds qu'on s'attendait à voir surgir le monstre du Loch Ness à tout moment !

L'Égarement et la Traversée Sauvage

À force de contempler cette beauté, on a un peu relâché la vigilance, et paf ! on a loupé la sente que l'on devait suivre. Qu'importe ! L'erreur a transformé notre boucle en une randonnée plus longue et plus belle encore, avec une sacrée grimpette vers le Portillon d'Albe, bien raide sur la fin. Le retour sur le territoire français s'est fait par une vallée vraiment sauvage, pleine de trous, de gouffres et de creux (des dolines, pour ceux qui connaissent la pierre). On a marché ainsi jusqu'à atteindre l'ancien site des mineurs, le Bentaillou, où l'on a pu enfin casser la croûte à 13 heures 30.

Le Dernier Coude et la Promesse de l'Apéro

Il nous restait à dévaler les 1200 mètres de dénivelé négatif, soit environ 4 kilomètres, avant de retrouver notre attelage. Après quelques centaines de pas à plat, on a piqué droit dans la pente, filant vers le fond de la vallée sur un sentier qui restait raide jusqu'au hameau d'Eylie. C'est à 15 heures 15 que nous avons retrouvé la voiture. Le temps de se changer – on avait bien besoin de troquer les chaussettes qui sentent le bouc – et de faire un arrêt obligatoire à la fromagerie de La Core (pour ramener un morceau des montagnes !), nous sommes rentrés à Grenade à 18 heures10.

Cette sortie, camarades, on l'a bien méritée ! Place à l'apéro !







CLUB ALPIN FRANCAIS DE GRENADE LES PIEDS HAUTS LAIDS
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